

L'article 50 du règlement européen sur l'intelligence artificielle (AI Act) vise un objectif simple : que chacun sache quand il a affaire à une IA ou à un contenu produit par une IA. Il distingue deux types d'acteurs : les fournisseurs, qui conçoivent et mettent sur le marché les systèmes d'IA, et les déployeurs, c'est-à-dire les entreprises qui les utilisent dans leur activité.
Un système d'IA conçu pour interagir directement avec des personnes, comme un chatbot ou un assistant vocal, doit être conçu de façon à ce que l'utilisateur sache qu'il échange avec une machine. L'obligation ne s'applique pas lorsque c'est évident pour une personne normalement attentive, compte tenu du contexte. Elle pèse d'abord sur le fournisseur de l'outil.
Les fournisseurs de systèmes qui génèrent du texte, des images, du son ou de la vidéo doivent marquer ces contenus dans un format lisible par machine, pour qu'ils puissent être détectés comme générés ou manipulés par une IA. Les outils d'aide à l'édition qui ne modifient pas substantiellement le contenu de départ en sont exemptés.
Une entreprise qui diffuse une image, un son ou une vidéo générés ou manipulés par IA et qui ressemblent à des personnes, des lieux ou des événements réels doit indiquer qu'il s'agit d'un contenu artificiel. Pour les œuvres manifestement artistiques, satiriques ou de fiction, il suffit de signaler l'existence du contenu généré, sans gêner la présentation de l'œuvre.
Un texte généré par IA et publié pour informer le public sur des questions d'intérêt public doit être signalé comme tel. Cette obligation tombe si le texte a fait l'objet d'une relecture humaine ou d'un contrôle éditorial, et qu'une personne ou une entreprise en assume la responsabilité éditoriale.
Dans tous les cas, l'information doit être donnée de façon claire, au plus tard lors de la première interaction ou exposition, et respecter les exigences d'accessibilité.
Le règlement (UE) 2026/1744, dit « Digital Omnibus », a aménagé le calendrier pour les systèmes déjà sur le marché. Pour les systèmes d'IA générative mis sur le marché avant le 2 août 2026, le marquage lisible par machine des contenus est exigé à partir du 2 décembre 2026.
Bien plus d'entreprises qu'on ne le pense. Par exemple :
En revanche, un usage interne, comme résumer un document ou rédiger un brouillon d'e-mail relu avant envoi, n'est pas visé par ces obligations.
Un manquement aux obligations de transparence peut être sanctionné par une amende allant jusqu'à 15 millions d'euros ou 3 % du chiffre d'affaires annuel mondial. Pour les grandes entreprises, le montant le plus élevé s'applique. Pour les PME et les start-up, c'est le plus faible des deux. Les contrôles relèvent des autorités nationales.
Non, l'article 50 ne vise pas les échanges professionnels courants rédigés avec une IA puis relus. Il vise les systèmes qui interagissent directement avec le public, les hypertrucages et les textes d'information du public non relus.
Le texte prévoit une exception quand c'est évident pour une personne normalement attentive. Mais dans le doute, une mention claire ne coûte rien et évite toute discussion.
Les deux ont des obligations. Le fournisseur doit concevoir un outil qui permet l'information et le marquage. L'entreprise qui l'utilise doit signaler les hypertrucages et les textes d'information qu'elle publie. En pratique, il faut vérifier le contrat et le paramétrage de l'outil.
SOPTIMA aide les PME et ETI à recenser et encadrer leurs usages d'IA. À lire aussi : Digital Omnibus : ce que le règlement 2026/1744 change pour les PME et Former ses équipes à l'IA : ce que change l'article 4 de l'AI Act.
